[English & French Versions below]
កម្ពុជាប្រឈមមុខនឹងសង្គ្រាមគិតទុកជាមុន
Cambodia facing a premeditated war
1. Cambodia is under attack.
This is not a misstep, nor an uncontrolled escalation. This is a war—conceived, prepared, and launched with cold determination. A war without declaration, but with full intent. A war without a pretext, yet meticulously staged.
2. For weeks, Thailand has multiplied hostile acts:
border provocations, closure of checkpoints, incendiary speeches, expulsion of diplomats. Step by step, Thai authorities have locked down the paths to peace. This is not a reaction—it is the execution of a plan.
3. To our calls for dialogue, the response has been contempt.
To our proposals for international mediation, outright rejection. To our faith in international law, Thailand has answered with force. No gesture from Bangkok is improvised. Every move follows a logic, a timeline, a will to dominate.
4. Even minefields have become tools of manipulation.
Thai soldiers deliberately step into danger zones, then display every explosion as provocation—as justification. This is war by pretext. A staged victimhood, performed by the aggressor.
5. Cambodia has not attacked. Cambodia has not provoked.
We have resisted intimidation. We believed in peace. We invoked the International Court of Justice. We kept our word, honored our treaties, protected our sanctuaries. It is not Cambodia that seeks war—it is Cambodia that endures it.
6. Thailand is not defending its sovereignty.
Its current leadership is trying to salvage authority. When national unity wavers, power looks outward for enemies. The pattern is familiar, worn, but dangerous. This time, it is not only about defending a border—it is about distracting a nation from its wounds.
7. What Bangkok is unleashing is not a war over land.
It is a war over narrative. A war against history itself. A deliberate falsification. Under the guise of patriotism, Thai leadership seeks to redraw maps, dismiss treaties, and ignore court rulings. Honor is but a mask. Truth is trampled.
8. This war tramples the treaties of 1904 and 1907.
It defies the ruling of the International Court of Justice in 1962 and its 2013 interpretation. It rejects maps validated by the United Nations. This is not mere occupation—it is erasure, denial, the construction of an alternate reality.
9. Since the end of French colonialism, a faction within the Thai state has dreamt of territorial revanche.
That long-contained ambition is now doctrine. History is being falsified. Geography, erased. Law, ignored. This is no longer a drift. It is a deliberate project.
10. That project aims to replace the international legal order with the law of the strongest.
And to do so in the silence—or indifference—of the global community. Cambodia is being used as a test. To yield here is to accept that law can be crushed tomorrow, wherever it becomes inconvenient.
11. Cambodia will not yield.
What is at stake goes beyond our borders. If we give in to force today, we surrender peace forever. We refuse to let the loss of a soldier’s leg or life be the price paid for a temple or a village.
12. If Thailand shuts down diplomacy, we will stand by the law.
If dialogue is rejected, we will hold up the truth. And if our temples, our land, our people are attacked—we will defend them. To the last stone. To the last drop of blood.
13. Cambodia extends its hand to those who still believe in justice, peace, and the rule of law.
We call on nations not to look away. For to ignore today is to legitimize tomorrow. History will judge.
14. To those who seek to erase us, we say this:
We will give up neither our land, nor our rights, nor our memory, nor our dignity.
Cambodia will not be erased.
————————————
Le Cambodge face à une guerre préméditée
Le Cambodge est aujourd’hui agressé. Ce n’est pas un dérapage, ni une escalade incontrôlée. C’est une guerre pensée, préparée, déclenchée dans le sang-froid. Une guerre sans déclaration, mais avec toutes les intentions. Une guerre sans prétexte, mais avec une mise en scène méticuleuse.
Depuis plusieurs semaines, la Thaïlande multiplie les actes hostiles : provocations à la frontière, fermetures de postes, expulsions des diplomates, discours incendiaires. À chaque pas, elle verrouille un peu plus les chemins de la paix. Ce n’est pas une réaction à un événement. C’est l’exécution d’un plan.
À nos appels au dialogue, elle oppose le mépris. À nos propositions de médiation internationale, elle répond par le rejet. À notre confiance dans le droit, elle répond par la force. Chaque acte thaïlandais n’est pas improvisé. Il est inscrit dans une logique, dans un calendrier, dans une volonté de domination.
Même les champs de mines deviennent des instruments de manipulation. Les soldats thaïlandais marchent sciemment sur des zones piégées, puis brandissent chaque explosion comme une provocation, comme un prétexte. C’est la guerre par l’alibi. C’est la mise en scène d’une victime, jouée par l’agresseur.
Le Cambodge, lui, n’a pas attaqué. Il n’a pas provoqué. Il a résisté aux intimidations. Il a cru en la paix. Il a invoqué la Cour internationale de justice. Il a tenu sa parole, respecté ses traités, protégé ses sanctuaires. Ce n’est pas le Cambodge qui cherche la guerre. C’est lui qui la subit.
La Thaïlande, aujourd’hui, ne défend pas sa souveraineté. Elle tente de sauver son autorité. Quand l’unité intérieure chancelle, le pouvoir cherche un ennemi extérieur. Depuis des décennies, c’est le même scénario. Cette fois, il ne s’agit pas seulement de défendre une frontière, mais de détourner un peuple de ses propres blessures internes.
Ce que Bangkok déclenche n’est pas une guerre de territoire. C’est une guerre de récit. Une guerre contre l’Histoire. Une falsification assumée. Sous couvert de patriotisme, la Thaïlande tente de réécrire les cartes, d’ignorer les traités, de nier les arrêts internationaux. L’honneur n’est qu’un masque. La vérité est piétinée.
Cette guerre piétine les accords de 1904 et 1907. Elle conteste l’arrêt de la Cour internationale de justice de 1962 et sa réinterprétation de 2013. Elle rejette les cartes validées par l’ONU. Elle ne se contente pas d’occuper. Elle efface, elle nie, elle refonde une réalité à sa mesure, en bafouant le droit.
Depuis la fin du colonialisme français, une frange du pouvoir thaïlandais rêve de revanche territoriale. Ce rêve longtemps contenu devient aujourd’hui doctrine. L’Histoire est falsifiée. La géographie, effacée. Le droit, ignoré. Ce n’est plus une dérive : c’est l’accomplissement d’un projet.
Ce projet vise à substituer à l’ordre juridique international la loi du plus fort. Et le faire dans le silence — voire l’indifférence — de la communauté internationale. Le Cambodge devient alors un test : céder ici, c’est permettre que le droit soit piétiné demain, ailleurs, chaque fois qu’il dérange.
Le Cambodge ne pliera pas. Ce qui se joue dépasse nos frontières. Si nous cédons à la force, nous renonçons à la paix pour toujours. Nous refusons que la perte d’une jambe ou la mort d’un soldat devienne la monnaie d’achat d’un temple ou d’un village.
Si la Thaïlande verrouille la diplomatie, nous lui opposerons le droit. Si elle verrouille le dialogue, nous brandirons la vérité. Et si elle s’en prend à nos temples, à nos terres, à notre peuple — alors nous les défendrons. Jusqu’à la dernière pierre. Jusqu’à la dernière goutte de sang.
Le Cambodge tend la main à ceux qui croient encore à la justice, à la paix, au droit. Il appelle les nations à ne pas détourner les yeux. Car ignorer aujourd’hui, c’est légitimer demain. L’histoire jugera.
À ceux qui veulent nous effacer, nous disons ceci : nous n’abandonnerons ni notre terre, ni notre droit, ni notre mémoire, ni notre dignité. Le Cambodge ne s’efface pas.
















0 Comments